Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Axa, vigilant face à la menace de l’intelligence artificielle
Comme dans d’autres secteurs économiques traditionnels, la montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA) fait peur aux investisseurs. Le cours de l’assureur a ainsi décroché de 4,4 % en deux séances, les mardi 10 et mercredi 11 février, dans un marché stable. Son concurrent Allianz n’a pas fait mieux (− 4,9 %).
Le conseil de notre partenaire « Investir » :
Nous recommandons d’acheter le titre dont la prime de 23,9 % sur la valeur économique (30,50 €, fin juin 2025) est largement plus faible que celle de 53,7 % dont bénéficie Allianz. Le rendement est solide. Objectif de cours : 50 €.
La raison ? Ce mouvement boursier est lié au lancement aux Etats-Unis, le 3 février, par la plateforme d’assurance en ligne Insurify, d’une application de comparaison de contrats automobiles fondée sur ChatGPT. Il suffit d’un dialogue en langage naturel pour recevoir des devis, que les conseillers d’Insurify transforment aussitôt en contrats. Une autre appli similaire a été lancée en Espagne (Tuio). A l’avenir, une IA agentique pourrait signer la police.
Axa est absent du marché des particuliers aux Etats-Unis, mais le développement ailleurs de ce mode de distribution pourrait à terme peser sur ses tarifs, tout en réduisant les coûts commerciaux. Au Royaume-Uni, déjà, le marché, très concurrentiel, fonctionne avec des comparateurs. Mais Axa « ne communique pas » l’effet produit sur le ratio frais de distribution/primes…
Le groupe n’en est évidemment pas à découvrir ce type de menaces. Il doit déjà faire face en France à des comparateurs, comme Les Furets, et à des néo-assureurs. Certains sont spécialisés dans l’assurance-santé, tels Alan, Acheel ou encore Seyna, qui couvre aussi les animaux de compagnie, un créneau très lucratif. Mila se consacre plutôt à l’immobilier (loyers impayés, propriétaires non occupants, etc.) et Descartes se spécialise dans les risques émergents (sécheresse, inondations, cyber).
Distribution directe
En réponse, Axa met l’accent sur la distribution directe. Elle est déjà déployée dans huit pays, avec 4,7 milliards d’euros de revenus. En France, le groupe met en avant sa filiale Direct Assurance. En outre, il a pris le contrôle, fin novembre, de l’insurtech Prima, numéro un en Italie de l’assurance directe pour l’automobile. Il reste à savoir si les particuliers peuvent être tentés de faire jouer la concurrence. Il est vrai qu’il est plus facile de changer d’assureur que de banque. La situation est donc plus instable que celle du secteur bancaire, dans lequel les établissements en ligne comme Revolut sont rarement les banques principales de leurs clients.
On peut aussi se demander si les réseaux traditionnels de distribution ne sont pas menacés, comme le sont les agences bancaires. En France, le recours aux agents généraux reste très ancré dans les habitudes. Axa s’appuie ainsi sur 2.950 agents qui « conseillent et équipent les particuliers, les professionnels et les entreprises, avec une vision à 360 degrés de leurs besoins ». Mais à quel prix ?
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